Culture de champignons

Visitez notre page de produits sur le mycélium pour découvrir les différentes espèces que nous produisons. Vous y trouverez un lien pour un supplément d'information  sur chacune de ces espèces.

Gestion de l'eau pour la culture de champignons

Le schéma suivant illustre la gestion de l'eau lors de la culture des champignons.

Voici un petit vidéo qui explique comment créer un environnement pour obtenir une production à partir d'un sac de culture (autant pour le shiitake que pour d'autres champignons). 

 

 

Substrat de culture pour les champignons

Visitez aussi la section sur le mycélium pour connaître les spécifications et le substrat pour chacune des espèces de champignons cultivés.

Notez que les sacs qui contiennent du grain ne peuvent pas produire des champignons directement à partir de celui-ci, mais qu'ils sont plutôt des semences qui permettent d'implanter des champignons dans un substrat. Si vous utilisez du grain, vous devez rajouter un peu de paille à votre substrat qui peut être composé de sciure et de copeaux. De plus, il est nécessaire d'avoir un mycélium à partir de sciure si on veut implanter sur du bois (rondins).

La culture de champignons saprophytes nécessite un substrat constitué de matière organique. Toute matière organique contient du carbone (C) et de l'azote (N), mais les concentrations de chacun de ces éléments diffèrent d'une matière à l'autre. Le rapport carbone sur azote (rapport C/N) d’une matière organique est un indicateur utile pour choisir le bon substrat de culture d’un champignon.

Lorsque la matière organique contient un rapport C/N plus bas que 30/1, cette matière devient idéale pour les bactéries et défavorable pour les champignons. Pour la culture de champignons de couche (Agaricus), on vise un substrat ayant un rapport près de 30/1 avant d’être composté, tel que les résidus de légumes et certains fumiers. Le mycélium de champignons est implanté une fois que le compost a terminé sa phase thermophile, sinon la chaleur risque de tuer le mycélium. Pour la culture des champignons dégradeurs primaires (Pleurotus), dégradant la lignine, on doit avoir une matière organique qui possède un rapport C/N supérieur à 30/1, tel que la paille ou les copeaux de bois. Si vous utilisez la paille, il est important que celle-ci soit jaune et qu'elle ait été bien entreposée à l'abri de la pluie. Sinon, il y aura des moisissures et des pathogènes qui pourront contaminer le mycélium. Il est possible d’ajouter une matière riche en azote au substrat pour augmenter les rendements de champignons. Cependant, cette supplémentation peut favoriser la croissance de contaminations (moisissures et bactéries). C’est pourquoi il demeure important que le substrat possède un rapport C/N élevé et riche en carbone.

Est-il possible d’utiliser le marc de café comme substrat de culture de champignons? Cette question revient souvent! Le marc de café possède un rapport C/N de 24/1. Il est donc non recommandé de cultiver des champignons uniquement sur du marc de café, à moins d’y ajouter une matière riche en carbone. Sinon, la croissance d’organismes autres que le champignon saprophyte (bactéries et moisissures) sera favorisée en raison de l’abondance d’azote. La tache bactérienne (voir photo) est un exemple de la présence de ces organismes qui entre en compétition avec le mycélium de champignon. Le marc de café favorise aussi la décomposition anaérobique (sans oxygène), en raison de sa petite taille, qui est défavorable à la croissance des champignons.


Au jardin

Quand on parle de champignons et de jardinage, on pense habituellement aux champignons parasitaires qui s’attaquent à nos plantes. Toutefois, les jardins hébergent aussi plusieurs espèces de champignons bénéfiques dans le sol. En plus des champignons qui se trouvent naturellement dans l’environnement du sol, des champignons comestibles peuvent aussi être introduits au jardin.

Les différentes espèces comestibles que l’on peut cultiver au jardin possèdent toutes une caractéristique commune : elles sont saprophytes. Elles se nourrissent donc exclusivement de matière organique inerte, telle que le copeau de bois ou la paille. En plus, elles ont la capacité de former une association bénéfique avec les plantes du jardin. On peut même en utiliser de concert avec des mycorhizes pour maximiser le rendement des plantes.

Lorsque un paillis de copeaux de bois est ajouté au jardin, sans ajout de champignons, les bactéries utilisent la majorité de l'azote présent dans le sol afin de dégrader le paillis, ce qui crée une carence en azote pour les plantes. Cet effet est annulé lorsque des champignons comestibles sont cultivés avec les plantes, car ils s'occupent de dégrader le paillis à la place des bactéries sans prendre tout l'azote. Plutôt, ils libèrent l'azote contenu dans le paillis et le rendent disponible pour les plantes.

Quelques avantages…

  • Augmentation du rendement de certaines plantes cultivées, telles que les crucifères et les cucurbitacées, avec l’utilisation d’espèces de champignons, tels que le strophaire (aussi appelé garden giant mushroom) ou le pleurote de l’orme;
  • Réduction des besoins en engrais, car les champignons facilitent l’absorption des nutriments par les plantes;
  • Optimisation de l’utilisation de la superficie de la parcelle cultivée, car il est possible de cultiver des champignons directement dans les allées, avec l’utilisation d’un paillis, et entre les légumes, lorsque le mycélium («racines» de champignons) est incorporé au sol;
  • Amélioration de la structure du sol à long terme par la présence importante de mycélium dans le sol;
  • Limitation du phénomène d’immobilisation de l’azote par les bactéries dans le sol causé par la présence de paillis riche en carbone;
  • Production d’une source importante de protéines pour l’alimentation;
  • Présence de propriétés médicinales pour certains champignons;
  • Protection des plantes cultivées face aux maladies fongiques, en raison d'un effet de compétition avec les espèces parasitaires, et face aux autres pathogènes, puisque certains champignons capturent même les nématodes (vers microscopiques).

Comment propager le strophaire au jardin?

Comment récolter le strophaire?

 

Culture du pleurote en plein champs

Voici des liens qui présentent les résultats de deux années consécutives de recherche sur la culture du pleurote en champs à la Ferme biologique aux petits oignons. Cette recette qui permet de produire avec une rentabilité intéressante, a été présentée au rendez-vous automnale de la CAPE en 2014. 

Cette photo, prise à la Ferme biologique aux petits oignons en 2014, démontre la culture commerciale en plein champs de pleurotes implantés selon la méthode mentionnée dans le vidéo précédent. Vous remarquerez les buses qui permettent d'irriguer les champignons qui peuvent sécher plus rapidement en plein soleil. 

 

En 2015, une autre ferme biologique, Le Filon maraîcher, a aussi tenté l'expérience d'introduire des champignons au champ. Le meilleur rendement a été de 5 kg/m2 de surface avec un mélange de paille et de sciure (granule de bois franc). 

Pour obtenir les résultats détaillés obtenus par le Filon maraîcher à l'été 2015, envoyez-nous la demande au courriel info@violonetchampignon.com. Notez-bien, la granule de bois franc a été utilisée lors de l'implantation. Cette granule a été mélangée à la paille selon certaines doses mentionnées dans le tableau. Le poids de la paille n'a pas été calculé. On peut remarquer que le rendement a diminué grandement lorsque le mycélium n'a pas été utilisé rapidement. Une attente de 12 jours a eu une diminution de rendement pratiquement de moitié.

Voici un vidéo qui explique comment implanter, entretenir et récolter le pleurote. Cette méthode peut être utilisée en plein champ ou en contenant. 

Sur rondins «bûche»

Procédure d'inoculation

Pour pratiquer la culture sur rondins, il est préférable de couper les arbres durant la période de dormance, soit l'hiver. Cependant, il est possible d'obtenir de bons résultats avec des arbres coupés l’été.

Les arbres utilisés doivent être en santé et ne pas avoir un cœur foncé trop important, puisque cela indique la présence d'un autre champignon qui entrera en compétition avec le champignon qu'on veut inoculer. Il est préférable d'utiliser des rondins fraîchement coupés à l'intérieur du premier mois, certains gens réussissent à avoir des résultats en implantant du mycélium 2 mois après la coupe de l'arbre.

On utilise des rondins qui ont un diamètre entre trois et huit pouces. Plus le diamètre est grand, plus l’incubation sera longue. Les champignons peuvent fructifier après quatre mois ou trois ans d’incubation selon le diamètre du rondin, la quantité introduite de mycélium, l’espèce d'arbre utilisé et celle du champignon cultivé.

La méthode traditionnelle d'inoculation se fait en perçant des trous dans le rondin avec une mèche 5/16. Pour un rondin de trois pouces, on effectue trois rangées de trous d'inoculation et huit rangées pour un rondin de huit pouces de diamètre. Les espacements entre les trous sur les rangs peuvent varier selon les besoins, mais un espacement entre quatre et six pouces est souvent utilisé. Avec cette méthode, vous pouvez utiliser des douilles de mycélium, mais le mycélium sous forme de sciure est à privilégier, puisque sa croissance est plus rapide et son coût, moins dispendieux. Les trous dans le rondin doivent avoir environ un pouce de profondeur. Si la douille est utilisée, la profondeur du trou doit avoir une fois et demi à deux fois la longueur de la douille. 

Avec le mycélium sur sciure, il est aussi possible d'utiliser la méthode sandwich qui est démontrée dans la photo suivante. On recommande cette méthode pour les rondins qui ont un diamètre plus grand que 8 pouces. Il faut entre un et deux sacs de mycélium sur sciure, d'environ 2,3 kg chacun, pour inoculer une vingtaine de rondins.

Le mycélium peut se conserver environ un mois à température pièce et six mois au réfrigérateur dans l’espace à légume.

Entretenir sa bûche

Pour avoir du succès avec votre bûche, quelques soins sont nécessaires. Si vous lui apportez les soins appropriés, votre bûche pourra produire entre 2 et 7 ans selon l’espèce d’arbre utilisée, le diamètre du rondin et l’espèce de champignon. Le mycélium doit coloniser toute la bûche avant de produire les champignons.

Cette période qui précède la production de champignons s’appelle la période d’incubation.

Soins pendant la période d’incubation

Placez la bûche à l’extérieur à l’abri du soleil, sous des conifères par exemple, en déposant contre le sol le bout qui n’est pas couvert de cire. Cela permet à la bûche de rester humide. Habituellement, le rondin a assez d’humidité pour les deux premiers mois, on peut donc la conserver sur un plancher en céramique (béton).

Pour les premiers mois d’incubation, entre 1 et 2, il faut protéger de la pluie le rondin, sinon de la moisissure pourrait se développer. L’idéal est de le conserver à l’intérieur de la maison à 24°C. Une ou deux heures d’ensoleillement par jour sont tolérables et même plus si la gestion de l'eau s'effectue adéquatement, si un endroit parfaitement ombragé n’est pas disponible (pas le soleil de midi).

Évitez les endroits où l’eau peut s’accumuler temporairement suite à une pluie et vous devrez suivre l'humidité soit à partir du poids du rondin ou avec une machine qui vous permettra de connaître le bon taux d'humidité à avoir. On suggère une humide à l'intérieur du rondin qui se situe entre 35 et 50%.

 

 

Si vous acheter ou inoculer une bûche en hiver, ne la sortez pas dehors immédiatement. Une période de 30-45 jours est nécessaire avant que le champignon puisse tolérer le froid. Gardez votre bûche à l’intérieur pendant cette période. La déposer à la verticale dans un bac de terre, mimant le sol est une bonne façon de garder une bûche à l’intérieur longtemps.

Soins pour la production des champignons

Si vous pouvez observer le mycélium du côté qui est contre le sol, votre bûche est prête à produire des champignons. Si c'est du shitake, le mycélium blanc devra devenir brun avant d'être prêt à fructifier. Le mycélium a souvent l’apparence d’un duvet blanchâtre.

Souvent, une pluie peut déclencher la fructification. Cependant, il est possible que vous soyez impatient de goûter à vos champignons. Quelques trucs sont susceptibles d’accélérer le processus.
Vous pouvez faire tremper la bûche dans une eau propre et froide. Pour le shiitake, cette étape est souvent obligatoire, mais elle est facultative pour les pleurotes. Alternativement, vous pouvez arroser votre bûche. D'autres espèces auront besoin d'une période de froid.

Quand les premiers champignons apparaissent, il faut éviter leur dessèchement. Si les fructifications sèchent, elles n’atteindront pas la maturité. Si le temps est sec, vous devriez les couvrir avec de la paille humide. Un linge humide peut aussi faire l’affaire.

En quelques jours, les champignons vont atteindre leur taille maximale et vous pourrez les déguster!

Retirez tout champignon que vous n’avez pas eu le temps de cueillir et qui a perdu sa fraîcheur afin d’éviter le développement de moisissures.

Bonne récolte !

La culture sur souche s'avère toutefois un peu plus difficile, car l'arbre peut encore pousser et amener des composés de défenses ''antifongiques'' qui pourront nuire à la croissance du mycélium. Dans ce cas, il peut être intéressant de cerner les troncs à la base.